Commerce des épices – une autre mine d’or inexploitée en Afrique

Je suis très excité de rédiger cet article parce que le commerce des épices est un business qui me passionne beaucoup et dans lequel je compte investir; mais aussi parce que j’adore les mets bien assaisonnés: leur parfum, leur saveur, hum! Miam! Mais je ne suis pas le seul. Vous aussi, je pense.

Représentez-vous un peu vos repas sans sel! Ce serait une catastrophe. N’est-ce pas? Les épices et nous, c’est une très vieille histoire, et, qui ne cesse de se consolider au fil des années grâce à des facteurs tels que la mondialisation et le rapprochement des cultures, la curiosité et le désir d’apporter d’autres saveurs sur nos tables et la prise en conscience des propriétés médicinales de certaines épices. Par conséquent, des millions et des millions de tonnes d’épices sont consommées chaque année.

La transparency Market Research prévoit une croissance des besoins en épices et assaisonnements de $14 milliards à $16,6 milliards d’ici 2019. Ce qui représente un marché gigantesque pour les producteurs et commerçants de ces produits. Dans cet article, je vais vous ouvrir les yeux sur les multiples opportunités que présente ce secteur et comment les africains peuvent investir et prospérer dans le commerce des épices.

Usage des épices

Une épice est une graine, un fruit, une racine, une écorce, une baie, un bourgeon ou une substance végétale dont l’usage la plus connue et la plus populaire est en cuisine pour l’assaisonnement, la coloration et la conservation des aliments. A l’origine même, la plupart des épices étaient utilisées pour conserver les aliments, grâce à leurs propriétés fongicides , bactéricides ou bactériostatiques à tuer ou inhiber la croissance des organismes qui pourraient abîmer les aliments.

C’est le cas de la cannelle, la girofle, le curcuma, le cassia et la myrrhe. Étroitement liée à cette fonction est celle de masquer le mauvais goût ou la mauvaise odeur des aliments . Certaines épices comme l’oignon ou l’ail sont utilisées comme légume. Hum, ça j’adore!

En cosmétiques et en parfumerie, certaines épices sont d’une importance fondamentale.  La lavande , la sauge et le romarin sont largement utilisés pour la distillation des huiles essentielles qui sont utilisées pour la fabrication de parfums et eaux de Cologne. L’industrie du parfum utilise des épices bien connues comme la cannelle , le clou de girofle , la vanille et le gingembre. Plusieurs épices sont utilisées dans la fabrication des shampoings et des laits de beauté alors que d’autres sont utilisées pour traiter l’acné et les rides.

En médecine moderne et traditionnelle, certaines épices sont utilisées pour le traitement de plusieurs maux dont les inflammations, le cancer, les problèmes digestifs, le cholestérol, l’asthme, l’hypertension et bien d’autres maux.
D’autres usages des épices concernent les pratiques rituelles et religieuses, la dissimulation des odeurs et l’assainissement de l’environnement public.

Ces usages ordinaires et quelques fois plutôt mystiques, sacrés et exotiques sont à l’origine, il y a des siècles, de la propagation des épices d’une culture à une autre. Le commerce des épices est l’un des premiers trafics inter-culturels pratiqués par l’homme. Et les épices étaient parmi les produits commerciaux les plus coûteux durant l’Antiquité et le Moyen Âge.

Le désir de possession par achat ou la production des épices était tout un phénomène culturel, social et économique qui a conduit de nombreuses personnes à faire des voyages vers des contrées lointaines. Les mêmes raisons expliquent l’échelle actuelle du commerce des épices.

Savez-vous que c’est dans la recherche d’épices que les Européens ont navigué à travers les océans aux Caraïbes, en Afrique et en Asie, et découvert de nombreuses parties du monde et que le commerce des épices peut être lié à de nombreux événements historiques, des découvertes, des inventions et des guerres?

Le marché des épices

Le marché des épices n’a jamais cessé de croître depuis des siècles. C’est d’ailleurs l’une des rares industries qui ne connaît pas de ralentissement même pendant les périodes de récession.

Le fait est qu’en raison de la mondialisation, il y a brassage des traditions culinaires. La curiosité croissante pour de nouvelles saveurs offre une occasion pour les épices et les herbes ethniques et exotiques de voyager. En outre, les groupes ethniques minoritaires sont en croissance sur tous les continents et dans tous les pays.

Enfin, les consommateurs, surtout occidentaux, recherchent plus de commodité: Ils ont des vies occupées et n’ont pas le temps de préparer leurs repas, ce qui conduit à une demande croissante des repas prêts à consommer ou semi-préparés qui reposent sur des épices et des herbes pour conserver et améliorer leur saveur.

La prise de conscience sur les propriétés thérapeutiques de certaines épices conduit également à une expansion importante du marché des épices dans le monde.

Aujourd’hui, les épices sont consommées dans presque tous les foyers et chaque jour, on est curieux d’en essayer de nouvelles. Mais les plus grands consommateurs restent les asiatiques, les européens et les américains.

Opportunités pour les africains

La plupart des épices sont cultivées en zones tropicales. C’est pourquoi les pays de l’Asie, comme l’Inde et ceux de l’Amérique latine sont les plus grands acteurs dans le commerce des épices. Et même si pendant des siècles, l’Afrique a été un acteur important dans le commerce mondial des épices, elle en produit actuellement moins de 10% de la production mondiale. En dehors de quelques pays comme le Nigeria, Madagascar, la Tanzanie, l’Uganda, le Kenya et le Ghana, la plupart des pays africains importent leurs épices.

Ceci est un paradoxe: Nous importons des articles que nous devrions normalement produire sur nos 50% des sols les plus fertiles du monde. Vous avez une véritable opportunité de commencer une production des épices chez vous et vous lancer dans un commerce des épices au niveau local. En produisant localement, vous aurez beaucoup d’avantages sur les importateurs, avec des produits plus frais et moins chers.

D’autre part, les autres cultures sont curieuses de goûter aux délices, saveurs, arômes et autres valeurs des épices africaines qui sont presque inexistantes et demeurent peu connues. Considérez aussi le fait que les communautés africaines grandissent très vite dans les autres sociétés (asiatiques, européennes et américaines) et ces communautés sont constamment à la recherche des produits exotiques autochtones. Elles apprécieraient avoir des points d’approvisionnement des produits de leurs cultures. Ceci est une gigantesque opportunité pour qui voudrait oser.

Comment commencer le commerce des épices

Il y a deux choix importants à faire avant de commencer le commerce des épices. Le premier consiste à choisir si vous allez introduire des épices étrangères aux consommateurs locaux ou bien introduire des épices locales aux consommateurs étrangers. Le deuxième consiste à choisir entre la production des épices (cultiver, traiter et vendre) ou la vente simplement. Je vais parler de toutes ces opportunités ci dessous.

Introduire les épices étrangères aux consommateurs locaux

Il existe des milliers d’épices au monde parmi lesquelles environ soixante sont bien connues et beaucoup appréciées à l’international. Pour vous concentrer sur le commerce des épices étrangères, vous avez d’abord besoin d’en identifier les mélanges intéressants. Ensuite,  décidez si vous voulez importer des épices déjà traitées en gros pour les emballer vous-même avant la vente, ou en importer en gros prêts pour la vente ou bien en produire vous-même (continuez la lecture pour en savoir plus!).

Les épices dans les mélanges ci-dessous sont les plus populaires. Mais ce site web vous liste la plupart des épices connues. Les mélanges les plus célèbres sont: Indien (1 – curcuma, coriandre, cumin, gingembre, poivre, ail; 2 – cumin, coriandre, poivre noir, cardamome, gingembre, cannelle, clou de girofle, muscade),  Mexicain (1 – cumin, paprika, origan, ail; 2 – paprika, muscade, ail, oignon, origan, thym, graines de céleri, poivre). Marocain (poivre, cannelle, coriandre, cumin, clou de girofle, cardamome, gingembre, muscade), Thaïlandais (curcuma, ail, oignon, gingembre, poivre, coriandre, cumin, laurier), Herbes de Provence (basilic, romarin, origan, sarriette, thym, lavande, laurier, poivre noir, coriandre, clou de girofle), Créole (paprika, sel, poudre d’ail, poivre noir, poudre d’oignon, poivre de Cayenne, origan séché, thym séché). Mais vous pouvez expérimenter d’autres mélanges.

Introduire des épices locales sur le marché international

L’article Senai Woderufael raconte l’histoire d’un jeune éthiopien, Senai, qui réalisa la demande en épices éthiopiennes dans les milieux de la diaspora éthiopienne en Europe et aux Etats Unis. Aujourd’hui,  son entreprise «Feed Green Ethiopia Exports» exporte plusieurs tonnes de Berbere et de Shiro.

En exportant des mélanges d’épices qui sont populaires dans son pays, Senai a pu attirer l’attention des étrangers qui ont fini par apprécier et devenir des consommateurs de ses produits. Les épices existaient longtemps avant ce jeune homme. Il a simplement identifier l’opportunité de présenter les épices locales de son pays à des clients potentiels dans différentes parties du monde. Cela a été un succès!

Il y a des dizaines d’épices et des herbes beaucoup consommées par chaque peuple africain. La plupart des épices traditionnelles sont demeurées locales et inconnues des autres peuples et cultures, quand bien même elles présentent de nombreuses propriétés thérapeutiques, nutritionnelles, cosmétiques…

Ceci représente une superbe opportunité pour démarrer une belle entreprise qui se spécialiserait dans la production et le commerce des épices. Comme je le mentionnais ci-dessus, les peuples occidentaux, en particulier, sont toujours à la recherche de nouvelles expériences. Les produits exotiques seront toujours la bienvenue dans cette industrie. Et l’Afrique en a beaucoup de ces produits qui n’attendent que d’être présentées au monde.

La production des épices

Dans un sens large, la production des épices passe par quatre étapes: cultivation, traitement, mélange (mixage) et création de la marque. Mais beaucoup d’exportateurs entrent en action à partir du traitement, préférant  laisser toute l’étape de la culture à des cultivateurs qu’ils approvisionnent en documentation et la formation en culture.

Culture: La plupart des épices sont faciles à cultiver et ne nécessitent habituellement pas beaucoup d’espace, de la technologie ou des machines de pointe. Cependant, pour générer un maximum de profits dans votre commerce des épices, vous aurez certainement besoin d’une bonne étendue de terre. Selon le type d’épices, les techniques et les exigences agricoles peuvent différer.

Le grand avantage pour les africains est que la plupart des épices se cultivent sous le climat tropical, et il est le climat dominant sur le continent. Si bien que même les épices comme la vanille, le poivre noir et la muscade qui sont originaires d’autres continents sont cultivées avec succès en Afrique.

Traitement: Le meilleur traitement des épices passe par le séchage. Séchées, les épices durent plus longtemps et conservent très longtemps leur valeur. En conséquence, la plupart des épices peuvent être stockées pendant des mois, années sans avoir besoin d’installations de stockage avancées ou coûteuses. Les écraser augmente considérablement leur surface ainsi que le taux d’oxydation et d’évaporation.

La durée de conservation d’une épice sèche entière est à peu près deux ans; d’une épice meulée, environ six mois. Les épices sont mieux stockées à l’abri de la lumière. Vous pouvez utiliser un mortier et un pilon ou une râpe fine pour meuler ou moudre de petites quantités d’épices; un moulin à café est bon pour de plus grandes quantités.

Mixage et création d’une marque: Si vous êtes créatif, vous pouvez constituer des mélanges d’un certain nombre d’espèces qui pourraient devenir votre propre recette de marque. Cette stratégie marche très bien en occident et vous pourriez exploiter le même modèle. Y at-il des mélanges d’épices très populaires autour de vous qui se font encore de façon personnelle, sans une marque associée? Observez les cuisiniers autour de vous! Quelles épices mixent-ils régulièrement pour de grandes appréciations? Cela peut être une bonne occasion pour vous de produire une marque d’épices.

Y at-il, chez vous, des épices locales qui sont vendues sans emballage? Vous pouvez emballer les épices dans des bouteilles attrayantes, des sachets ou toute sorte d’emballage qui marche pour vous. Donnez un nom à votre produit  pour le distinguer des épices «nues» vendues sur le marché. De cette manière, vous créerez un produit reconnaissable localement et internationalement (ce qui est obligatoire si vous prévoyez d’exporter); et bien sûr, vous pouvez vendre à un prix plus élevé. C’est exactement la stratégie exploitée par Senai dans son commerce d’épices.

Les clients potentiels

Les industries de viandes de chaire (bœuf, poulet, porc, etc.) sont les principaux acheteurs. Restaurants et foyers, sont particulièrement faciles à atteindre; de même que les écoles et les complexes touristiques, les institutions de recherche culinaires, médicales et cosmétiques; les fabricants de parfums et des cosmétiques. Enfin, les communautés minoritaires dans certains pays (exemple: les africains aux États Unis).

J’espère que cette idée d’affaires vous a été intéressante… Il y a vraiment beaucoup d’argent dans le commerce des épices et l’Afrique en a beaucoup à gagner. Les entrepreneurs créatifs ont une belle opportunité dans cette industrie. Alors, suivez votre instinct, si cet article vous épate. Commencez simplement!

Je vous serai très reconnaissant, si vous partagiez cet article avec vos amis, en cliquant l’un ou les boutons ci-dessous.

10 réflexions sur “Commerce des épices – une autre mine d’or inexploitée en Afrique”

  1. Bonjour je viens de lire vôtre article sur le commerce des épices et j’avoue que je suis vraiment intéressé. J’ai vraiment envie de me lancer dessus mais je ne sais pas trop comment faire…par exemple qu’es que je dois mettre en terre si je veux tout faire moi même ? Je souligne que je suis un étudiants et j’ai jamais entrepris. Merci

  2. Merci beaucoup pour avoir publier cet article, depuis un certain temps je cherche comment m’orienter dans la trasnformation et la valorisation de nos epices locales qu’on trouve en abandance dans nos villages mais leurs presentations laisse a desirer.

    1. En effet monsieur Fran. J’en ai fait la remarque depuis quelques années et j’ai expérimenté plusieurs techniques conventionnelles de traitement et de conservation de nos centaines d’épices traditionnelles inexistantes sur nos marchés locaux, nationaux et sur les marchés internationaux. J’en partage les techniques dans mon livre sur les épices à paraître bientôt.

  3. J’ai l’ambition dans importer en gros dans mon pays et je trouve l’article interressant!Ce qui qui m’émule à ce stade serait de connaitre les gros producteurs asiates avec que je serai susceptible de faire affaire dans un premier temps et ensuite d’initier la production locale comme intrant d’industrie cosmétique, de restauration ou encore pour les horeca.

  4. andela elingui

    oui le contenu est assez interessant. maintenant j’ai est un problème avec la mise en oeuvre j’ai besoin de savoir quel est le necessaire matériel pour la transformation d’épices frais en épices séchées. quel est le process? et les matériaux industriels (machines minimale) qu’il faut pour s’engager dans cette voie

    1. Salut!
      Le séchage des épices peut se faire suivant des procédés traditionnels avec des sécheurs au soleil. Cependant, pour une production optimale, je conseillerai l’usage de déshydrateur professionnel ou industriel. Il y en a de toutes les tailles, capacités et de tous prix.
      Le processus de séchage passe par le nettoyage, le tri et le séchage à proprement parler.

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