Conseils d’entrepreneurs africains: Conseils de Ludwick Marishane

Conseils d’entrepreneurs africains est une rubrique dans laquelle les entrepreneurs nous parlent directement de l’origine de leur idée d’affaire, le procédé utilisé pour emmener l’idée a la vie, les difficultés à commencer leur entreprise et leurs conseils aux nouveaux entrepreneurs.

Dans notre premier document, nous sommes à l’écoute de Ludwick Marishane, fondateur de Headboy qui produit la première lotion de bain sans eau au monde, le DryBath.

Mon idée d’affaires

« Un ami de lycée dégageait de mauvaises odeurs parce qu’il n’aimait pas l’eau. Je me suis dit : ‘’s’il y avait une lotion qui pouvait le nettoyer sans usage de l’eau, il pourrait mieux paraitre’’. C’est de là qu’est venue l’idée de créer DryBath. J’ai immédiatement commencé à faire des recherches pour voir s’il y avait un produit pareil au monde, ce qui s’est révélé négatif. Ensuite j’ai passé des mois à faire des recherches sur les lotions, crèmes et savons de beauté pour savoir comment ils étaient fabriqués, leurs ingrédients, etc. C’est comme ça que j’ai concocté la recette de DryBath, sur papier. Mais je n’avais pas les moyens de la mettre en pratique. J’ai dû attendre après mon entrée à l’université. Ma fac avait des infrastructures adéquates qui me permettraient d’avancer mes travaux, et j’en ai profité. Au bout de quelque mois, j’avais obtenu une solution, une lotion qui nettoie la peau sans eau. Mais elle laissait des marques sur la peau. J’étais arrivé au bout de mes compétences. Et c’est en ce moment que j’ai contacté un chimiste dermatologue, Dr Hennie du Plessis avec qui nous avons mis au point le produit fini. »

Mes différentes difficultés

« Dans ce projet, J’ai utilisé toutes les ressources dont je disposais. Je n’avais pas d’ordinateur ou de connexion internet, donc je devais aller au cyber Café pour mes recherches. Ça coutait environ $2 l’heure. Donc j’utilisais  mon allocation de $ 5 quotidien qui étaient mon argent de poche et du déjeuner. A bout de moyens, j’ai rédigé mon business plan sur mon téléphone mobile (8000 mots) et je l’ai envoyé à plus de 80 firmes d’investissement. Vous connaissez la suite : Ils ont tous refusé de faire confiance en un gamin de 17 ans, pour un produit incertain. J’ai contacté des banques qui m’exigeaient des garanties que je n’avais pas. J’ai demandé une subvention auprès du gouvernement sud-africain, mais vous connaissez la bureaucratie africaine, leurs cartons rouges… Chaque entreprise est une lutte. Les gens ne réalisent pas vraiment que mes partenaires et moi, nous avons  traversé des jours où nous avons littéralement emballé nos produits à la maison, la nuit, avec nos copines, etc. Donc, il y a une lutte permanente. »

Mes conseils

« Je veux dire aux jeunes africains qu’on n’est jamais trop jeune pour entreprendre. Moi, j’avais seulement 17 ans quand j’ai inventé DryBath. Je voudrai aussi qu’ils sachent que le plus grand défi n’est pas le financement, les connexions ou même les compétences, mais le problème est que les gens ne prennent pas le temps de s’asseoir et faire des recherches. Je reçois des courriels de jeunes qui ont des idées d’affaires et qui me demandent ce que leur prochaine étape devrait être sans vraiment essayer de le comprendre eux-mêmes. J’ai passé plusieurs mois de recherche afin de comprendre ce que les prochaines étapes étaient … et de la recherche était ce qui m’a guidé. A cet âge-là j’avais pu convaincre un avocat pour m’aider dans la légalisation de mes travaux, puis un docteur en chimie. S’ils n’avaient pas senti ma consecration a ce projet, ainsi que les premiers resultats, ils ne s’y seraient point associés. Il faut donc se mettre vraiment au travail pour emmener l’idée a la vie ; reconnaitre ses limites et faire appel à d’autres compétences. Il n’y a pas de mal à avoir des partenaires : ils vous aident énormément. »

Laisser un commentaire