Cette diaspora africaine qui crée des entreprises en Afrique

Depuis une décennie, l’immigration inverse est en marche en Afrique, avec le retour d’une diaspora africaine sur le continent, créant des entreprises et participant activement au développement socio-économique du continent. Que l‘on revienne en Afrique pour des raisons familiales ou pour des raisons patriotiques, l’on est souvent surpris de nombreuses opportunités de business que présente le continent. Nombreux des expatriés africains nourrissent le rêve de rentrer chez eux, mais hésitent de faire un premier pas a cause de certaines nouvelles venant du continent, la peur d’y investir, le manque d’inspiration, mais surtout  par peur de perdre leur confort de vie a l’étranger. Allons dans cet article a la rencontre de quelques africains de la diaspora qui ont osé et apprenons d’eux.

Quel rôle doit jouer la diaspora africaine dans le développement de l’Afrique

 

L’histoire nous apprend que la diaspora a toujours joué un rôle  important dans l’épanouissement d’une nation. La diaspora africaine n’est pas restée en retrait de cette règle; même si la prise de conscience est lente et tardive.

Aujourd’hui l’apport de la diaspora africaine demeure à titre familial et se résume en transferts de fonds. Quoique ces transactions apportent de nombreux capitaux au continent ( En 2010 la diaspora africaine a transfere 21.5 milliards de dollars vers l’Afrique subsaherienne selon la banque mondiale), elles ne suffisent pas pour épanouir une famille, encore moins une nation. L’Afrique a besoin de plus que cela. On dit souvent: « Au lieu de donner du poisson à quelqu’un, il vaut mieux lui donner une canne à pêche et lui apprendre à pêcher ». La pauvreté qui est notre plus grand mal, est le résultat du manque d’emplois. L’Afrique a besoin d’industries, d’entreprises, d’emplois. C’est à cela que devraient s’appliquer les africains expatriés. Le continent a besoin de leur expertise, leur savoir-faire, leur expérience, leur connaissance.

« Diplômé d’université, auto-apprenti ou compétences acquises après une longue expérience de travail ou de vie quotidienne… Peu importe! L’Afrique à juste besoin de cette nouvelle vision que vous développez, de cette nouvelle façon de voir et de faire les choses, de cette nouvelle mentalité » déclare Émile Bola.

Six anciens de la diaspora africaine ayant créé leurs entreprises en Afrique

Fely et Annie Samuna

Ce couple congolais (RDC) décide de rentrer au Congo après plus de 20 ans en Belgique ou ils ont fait leurs études. Il y a quelques années, alors encore étudiants, ils faisaient partie de cette diaspora africaine vivant de petits métiers pour subvenir à leurs besoins académiques. Leurs diplômes en poches, ils s’en sortent très bien en Belgique avec des boulots qui leur rapportent bien. Rongé par un désir fort d’apporter son savoir-faire a son pays d’origine, la RD Congo, Fely emporte son épouse dans une aventure entrepreneuriale à Kinshasa où ils créent leur entreprise de communication, Congo Call center. Il s’agit d’une société dédiée à la gestion de la relation client par l’utilisation optimale de l’outil téléphonique et des technologies nouvelles.

Apres plusieurs années de difficultés de lancement parce que leur concept était nouveau à Kinshasa et les gens n’y comprenaient rien, ainsi qu’un lourd investissement de $150 mille, leur entreprise est aujourd’hui le premier centre d’appel indépendant en RDC. Elle emploie plus d’une centaine d’individus et dispose d’un vaste réseau de clients parmi lesquels Orange, Airtel, Vodafone, Tigo, Samsung, etc. En seulement quatre ans de vie, Congo call center réalise un chiffre d’affaire a la hausse à 500%. Le couple Samuna vise maintenant conquerir toute l’Afrique.

Mariam Kone

La diaspora africaine revenant en Afrique ne vient pas uniquement de l’Europe, mais aussi de l’Amérique du nord. C’est le cas de madame Koné. Ses études terminées au Canada, cette jeune femme malienne  y trouve un emploi stable et bien rémunéré. Au cours d’une visite familiale au Mali, après environ onze ans d’absence, Mme Koné réalise un vide  dans les services de consultation d’entreprises. Elle décide donc d’y rester pour créer sa société, Koné Conseil. Mme assure que son entreprise marche bien; qu’elle ne regrette pas avoir fait le choix de retour.

Christian Ngan

Diplômé en finance, ce jeune camerounais quitte Paris et rentre définitivement dans son pays origine pour y créer sa propre structure, renonçant ainsi à une carrière plutôt prometteuse en France. Sa société, Madlyn Cazalis, est une usine de fabrication de produits de beauté qui ont un grand succès en Afrique Centrale.

Emile Bola

Apres 25 ans de vie passée en Suisse, ce jeune Congolais (DRC) est rentré en Afrique pour y apporter ses connaissances. Diplômé en Suisse, Emile qui a été victime du non viabilité de ses documents en provenance d’Afrique, décide de lui proposer une solution de sécurisation des documents. C’est ainsi qu’il se retrouve en Côte d’Ivoire pour un projet de sécurisation de permis de conduire, avant de rentrer en RDC ou il crée son entreprise, Hologram Identification Services.

Cette entreprise spécialisée dans le développement des logiciels, la sécurisation des documents, la gestion des bases de données et l’archivage des données emploie une cinquantaine d’ingénieurs sortis de l’université de Kinshasa.

Patricia Veringa

Patricia a quitté l’Afrique dans son enfance avec ses parents. Elle faisait donc partie de cette diaspora africaine qui ne connait presque rien de l’Afrique. C’est en visitant l’Afrique du Sud, 21 ans plus tard qu’elle tombe amoureuse de ce continent et qu’elle décide de s’y installer définitivement. Quand elle rentre à Kinshasa, après 30 ans d’absence, elle  est confrontée aux difficultés de trouver un emploi. Elle décide donc de créer une entreprise de placement, the job factory.

Il s’agit d’une entreprise de recrutement et de placement qui aide les compagnies de la place à embaucher des employés compétents. Son entreprise, qui se développe de manière rapide avec une croissance annuelle du chiffre d’affaires de 40%, a ouvert des agences dans les grandes villes de la RDC, au Rwanda et au Burundi, employant une vingtaine d’individus par agence.

Senai Wolderufael

Après un séjour de quelques années aux États Unis, Senai qui y a remarqué la rareté des produits alimentaires éthiopiens décide de rentrer en Éthiopie ou il crée Feed Green Ethiopia Exports Company, une entreprise qui exporte les épices en provenance de l’Afrique. Son objectif est de combler le vide des produits exotiques dans les milieux de la diaspora africaine. Cette structure connaît un énorme succès et est parmi les rares entreprises africaines dans le domaine.

 Ce que dit la diaspora africaine déjà retournée en Afrique

La plupart d’immigrés africains revenus faire des affaires en Afrique manifeste un sentiment de fierté et de réussite, contrairement à leurs pairs rentrés pour intégrer la fonction publique. La diaspora africaine qui a opté pour la création d’entreprises en Afrique parle presque le même langage. Leur message commun est résumé dans ces propos de Patricia Veringa: « Au début ce n’était pas facile; mais l’Afrique est une vraie terre d’opportunités, et on se rend compte qu’il y a tellement à faire que ce serait dommage de rester là où tout est déjà fait. Quand on part et qu’on est élevé ailleurs, on n’a pas la même mentalité. En terme de travail, on a nous une rapidité, une pression, parce que comme ça que c’est en occident; donc ici un peu moins. Et puis, il y a surtout le besoin de motiver les autres. L’africain à souvent tendance à être fataliste, en se disant: « on est comme ça, ça ne va pas, on est pauvre ». Il faut donc remodeler les gens qui sont dans le pays et c’est ça le challenge. Le bénéfice des années d’expatriation est le fait d’apporter de l’expertise au niveau de la façon de faire, la façon d’être. Peu importe ce qui se passe dans le pays… Il ne faut pas s’arrêter aux obstacles! Il y a des obstacles partout, même en occident. En arrivant ici, j’ai découvert des vides dans plusieurs secteurs et j’ai créé mon entreprise pour combler le vide du placement au travail. Aujourd’hui cette entreprise possède plusieurs agences en RDC, au Rwanda et au Burundi. Notre chiffre d’affaires progressé d’environ 40% par année; ce qui n’est pas possible ailleurs. Mais en Afrique c’est possible. Je me suis à la ci. Beaucoup épanouie ici. Je reçois au-delà de ce que je prévoyais recevoir. Je voyage beaucoup… L’Afrique est définitivement une grande terre d’accueil et une terre d’opportunités, et pour un long moment encore, à mon avis ». Suivre l’integralite dans cette video.

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