Pourquoi l’Afrique francophone reste-t-elle en marge des grands investissements?

Et si le réel blocage concernant la levée de fonds en Afrique francophone reposait sur la cartographie africaine du capital, et non sur les projets? Décryptage.
Entrepreneur africain francophone présentant son projet sur scène, avec en arrière-plan une carte de l’Afrique où certaines régions brillent.

Table des matières

Il existe une géographie de l’argent en Afrique. Une cartographie invisible mais implacable qui dessine les contours de l’opportunité et de l’exclusion. 

En 2022, les startups basées à Nairobi ont levé 638 millions de dollars. À Dakar: 22,8 millions. Même pas cinquante. Vingt-deux. Lorsque Lagos attire 410 millions de dollars d’investissements en 2024, Abidjan se contente de miettes. Tout chiffre inclue dans ce rapport.

Cette différence-là ne s’explique pas par une simple variation de performance, ni même de maturité. Elle révèle une inégalité systémique dans l’accès au capital, qui façonne l’écosystème entrepreneurial africain depuis des décennies. Une fracture que peu osent nommer, mais que tous les entrepreneurs francophones ressentent. Dans leurs tours de table. Dans leurs refus. Dans leurs silences.

Vous le sentez peut-être sans l’avoir formalisé. Vous développez une solution tech à Lomé, vous validez votre marché, vous testez un modèle économique viable. 

Mais dès que vous cherchez à lever, la logique change. Votre pitch deck est jugé selon des critères importés. Vos indicateurs sont comparés à ceux d’écosystèmes sans commune mesure. Votre structure juridique est considérée comme un frein. Et tout à coup, ce n’est plus votre projet qui est évalué, c’est votre environnement. Comme si votre géographie annulait votre ambition.

Dans tout ça, le plus inquiétant est l’acceptation. À force d’entendre que « les francophones lèvent moins », on commence à l’intégrer comme une norme. On ajuste son ambition à la disponibilité du capital. On rabote son modèle pour le rendre autofinançable. On renonce à scaler pour rester à flot.

De quoi se questionner… 


L’Afrique francophone est-elle condamnée à rester spectatrice de la révolution entrepreneuriale qui transforme le continent? Ou existe-t-il des leviers, des stratégies, des transformations en cours qui peuvent inverser cette tendance?

L’analyse des flux d’investissement de 2024 révèle une réalité nuancée. 

Certes, l’écart reste béant entre zones francophone et anglophone. Mais des signaux faibles émergent. Des champions locaux prouvent que l’excellence francophone peut attirer les capitaux internationaux. Des fonds spécialisés se créent. Des réformes structurelles s’amorcent. 

L’émergence est possible. Elle exige simplement de comprendre les mécanismes qui l’entravent et les stratégies qui peuvent l’accélérer.

Connexion
 

Laisser un commentaire

Retour en haut

Aidez-nous à répandre ce message en le partageant à travers votre cercle d’amis!

Facebook
LinkedIn