Vaincre la famine en Afrique: l’exceptionnel potentiel économique que présente le secteur agroalimentaire

Vaincre la famine en Afrique

Vaincre la famine en Afrique est une série d’articles véhiculant des astuces pour investir dans le secteur de l’agropastoral, dans l’effort de renforcer l’alimentation mondiale. Car, nous ne nous y appercevons pas pour le moment; mais l’Afrique jouera un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire de la planète.

Dans ce billet introductif, je partage les chiffres et données montrant que la famine peut devenir un moteur au développement économique du continent. Pour les entrepreneurs, solutionner ce problème majeur générera de grands revenus tout en nourrissant les populations. Pour les gouvernements, améliorer et encourager les investissements dans l’agroalimentaire c’est réduire les importations, augmenter les exportations, créer des emplois et par dessus tout, augmenter les revenus nationaux.

Statistiques alarmantes:

  • La famine tue au moins une personne chaque jour sur le continent.
  • 3 millions 200 mille enfants meurent chaque année en Afrique; et dont 40% par cause de malnutrition.
  • SOS Childen’s village reprenant le FAO rapporte que 28 pays africains ont été dépendents d’une assistance alimentaire en 2017.
  • Toujours selon la même source, le nombre de personnes soumises à une insécurité alimentaire au monde ne cesse d’augmenter, particulierement en Afrique subsaharienne qui, depuis 2014, a vu ses chiffres évoluer progressivement de 256 millions individus à presque 375 millions en 2017
  • 1 sur 4 individus vivant en Afrique subsahérienne souffre de famine.
  • Cependant, et malheureusement, la population africaine ne cesse de croître; à plus de 2% par an dans la plupart des pays. Elle est aujourd’hui, decomptée à 1 milliard 200 millions; et toutes les prévisions en montrent une augmentation au double d’ici 2050.
  • L’Afrique importe pour plus de US$35 milliards d’aliments par an; avec des estimations augmentant ce chiffre a US$110 milliards à partir de 2025.

Le potentiel de l’Afrique

L’Afrique dispose pourtant d’énormes potentiels pour éradiquer la famine sur toute son étendue, voire au-delà. Des terres arables à l’accès aux nouvelles technologies, les aspects ci-dessous laissent entrevoir de l’espoir pour la sécurité alimentaire en et à partir de l’Afrique.

L’Afrique dispose des terres arables abondantes

L’Afrique regorge de plus de la moitié (60%) de tous les sols fertiles de notre planète. Ce sont précisément 201 millions d’hectares de terres suffisamment arrosées par les pluies et les cours d’eau et exposées au soleil toute l’année durant. C’est la première ressource de terres arables, devant l’Amérique Latine qui, elle, en regorge120 millions d’hectares. Aussi, si toutes ces terres sont minutieusement exploitées, l’Afrique pourrait nourrir la planète entière. Par dessus tout, la grande partie des terres arables africaines (environ 80%) demeure aujourd’hui inexploitée.

L’Afrique dispose d’une main-d’œuvre jeune et abondante

En effet, plus de 60% sur les 1 milliard 200 millions des habitants de l’Afrique sont des jeunes valides d’environ 25 ans vivant dans le chômage; qui cependant sont constamment à la recherche d’emploi. À en croire les signaux soutenant la théorie d’une population encore plus jeune sur le continent d’ici 2050, l’Afrique dispose d’un atout exceptionnel pour développer son secteur agroalimentaire.

Des aides et subventions sont disponibles pour l’Afrique

En dehors de l’aide alimentaire directe, plusieurs programmes internationaux d’aide aux agriculteurs et éleveurs sont disponibles pour le continent africain. D’ailleurs, l’investissement direct des gouvernements étrangers dans le secteur agroalimentaire africain s’élève jusqu’à plus de $38 milliards en 2018 et se projette à 45 milliards d’ici 2020.

De nouvelles technologies désormais accessibles à tous

Plusieurs nouvelles technologies sont aujourd’hui utilisées pour permettre aux agriculteurs et éleveurs d’améliorer leur rentabilité et leur efficacité. L’usage des dispositifs comme les drones, les capteurs de température et d’humidité, les images satellitaires, les GPS et les technologies de l’information aideront les fermiers africains à améliorer leurs sélections de cultures; mais aussi celle d’engrais et de pesticides, ainsi que leurs quantités; de même que la gestion des terres et des eaux. En général, l’analyse des données recueillies par ces systèmes suggérera le type de contrôle nécessaire et la période de sa mise en place.

Espèces génétiquement modifiées

Pour faire face aux problèmes de rendements médiocres avec les espèces (animales et végétales) ordinaires exploitées depuis des siècles en Afrique, certains fermiers africains sont entrain d’adopter les espèces génétiquement modifiées. Ce qui résulte, dans la plupart de temps, à des rendements trois fois meilleurs. Aujourd’hui, la plupart des espèces GM qui résistent mieux aux chocs climatiques ou aux maladies et insectes, sont accessibles aux fermiers africains.

Ainsi, existe-t-il aujourd’hui des variétés améliorées de cultures et de bétails bien adaptées à l’Afrique. Des espèces de maïs, par exemple, de mil, de riz, de haricots, de soja et de dizaines d’autres cultures peuvent être cultivées en toute sécurité en Afrique.

Autant de potentialités pour que le secteur agroalimentaire occupe l’avant-scène de l’économie africaine.

L’agroalimentaire pourrait devenir le moteur de l’économie africaine

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Beaucoup de pays africains ont développé une tradition de compter sur les ressources naturelles, comme les hydrocarbures, pour faire vivre leurs économies. Une politique qui ne cesse de révéler ses limites; comme récemment encore avec la baisse des coûts du baril de pétrole survenue entre 2017 et 2019. Nous avons vu les pays qui ne diversifient pas leurs économies, comme ceux de l’Afrique centrale, suffoquer au cours de cette période.

C’est pourquoi la banque mondiale recommande à ses pays partenaires la diversification des activités économiques, avec insistance sur le développement du secteur agroalimentaire. Ce secteur a, en effet, fait ses preuves dans plusieurs pays du continent, comme le moteur de leurs économies. Et pour raison:

Le secteur agroalimentaire crée plus d’emplois que tout autre secteur

Le chômage fait partie des plus grands soucis auxquels l’Afrique fait face maintenant. Plus de 50% de jeunes africains qui, pourtant aptes, sont incapables de trouver d’emploi pouvant subvenir a leurs besoins vitaux. Or, trop de chômeurs dans la rue est une source de remous sociaux qui souvent affectent aussi l’économie nationale.

Si nous voulons voir nos économies prospérer, nous devons prendre au sérieux le problème de chômage.

Les experts onusiens et ceux de l’Union Africaine estiment que plus d’investissements dans l’agroalimentaire devraient considérablement réduire le nombre de chômeurs sur le continent.

C’est parce que, le secteur agroalimentaire est bien réputé dans la création d’emplois. Dans beaucoup de pays, ce secteur emploie bien plus d’individus que toute autre industrie. Dans les pays comme le Togo, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Éthiopie, le Mozambique, le Zimbabwé, et de façon générale, sur l’ensemble du continent, 65% d’employés exercent dans l’agroalimentaire. Ce chiffre pourrait atteindre d’autres sommets avec plus d’investissements dans le secteur.

Le secteur agroalimentaire est plus efficace que tout autre secteur dans la lutte contre la pauvreté

Dans ses lignes dans TheGuardian, Agnès Kalibata souligne que la croissance du secteur agricole est 11 fois plus efficace pour réduire la pauvreté que celle de tout autre secteur. On peut l’observer à la lecture des progrès réalisés par certains pays après l’engagement des pays de l’UA à allouer 10% de leurs budgets nationaux au secteur agroalimentaire.

En effet, la banque mondiale dénote une nette réduction de la pauvreté dans des pays africains bien enclins dans l’investissement dans le secteur agroalimentaire. C’est le cas du Rwanda dont “la réduction rapide de la pauvreté jusqu’à hauteur de 45%, sur une période relativement brève est attribuée à la croissance du secteur agroalimentaire” rapporte la banque mondiale. La même tendance est observée dans d’autres pays du continent, comme le Burkina Faso ou l’Éthiopie ayant chacun enregistré plus de 30% de réduction de pauvreté, grâce aux efforts d’investissement dans l’agroalimentaire partant de 2001.

Le secteur agroalimentaire offre une meilleure contribution au PIB et aux revenus du continent.

Quoique faiblement exploité, le secteur agroalimentaire contribue en moyenne à 30% du PIB de la plupart de des pays africains. Des investissements plus importants dans ce secteur ne feront qu’augmenter la contribution de ce secteur au PIB. De grandes productions alimenatires vont forcément réduire les importations; mais augmenter les exportations. Ce qui résulterait en plus d’entrées que de sorties financières.

Le secteur agroalimentaire est prévu généré plus d’un million de milliards de dollars en revenu à l’Afrique d’ici 2030, si plus d’efforts sont entrepris. Un million de milliards de dollars est un chiffre très important qui pourrait même surpasser les revenus générés par l’exploitation petrolière ou diamantère.

Ruée vers les terres africaines

En vertue du potentiel qu’ils présentent, les sols africains attirent l’intérêt de beaucoup de nations étrangères.

Au cours des 20 dernières années, plusieurs investisseurs privés et gouvernements étrangers ont acquis des millions d’hectares de terres en Afrique; dans le but de protéger leurs pays contre les futures pénuries alimentaires; ou bien pour en tirer le maximum de bénéfices aux temps de pénuries alimentaires.

En voici quelques exemples:

  • Des saoudiens qui louent de vastes étendues de terres en Éthiopie.
  • La Chine qui investit plus de 800 millions de dollars dans la production de riz au Mozambique.
  • La Jordanie qui loue de nombreux hectares de terres au Soudan.
  • La Corée du Sud qui envisage exploiter 100 000 hectares de terres en Tanzanie.
  • Des sociétés indiennes investissant plus de 2,4 milliards de dollars pour achat ou location des terres en Éthiopie, au Kenya, à Madagascar, au Sénégal et au Mozambique.

Le problème avec ces acquisitions est qu’il est difficile de s’assurer si elles sont à caractère gagnant-gagnant; donc bénéfiques pour les populations locales. Parce que ces deals qui ont lieu au niveau de l’état n’incluent pas les avis des populations; encore moins ceux des sociétés civiles, propriétaires fonciers coutumiers ou communautés agricoles existantes. Ces derniers n’en maîtrisent donc pas les clauses.

L’histoire nous montre par exemple que les contrats d’exploitation forestière entre nos gouvernements et la Chine ont causé plus de remous que des avantages sociaux aux populations locales. L’histoire ne se répèterait-elle pas avec ces deals autour des terres? Nos gouvernements ne sont-ils pas entrain de vendre directement et indirectement nos terres?

Impossible de répondre à ces questions. Mais il y a de quoi craindre de mauvaises intentions ou des négociations pénalisantes pour les états africains.

Lire aussi: Mains basses sur les terres africaines

Les africains devraient investir plus dans l’agroalimentaire

A la lecture de nombreux avantages que présente le secteur agroalimentaire; ainsi que l’intérêt des gouvernements étrangers à investir dans ce secteur, il est incompréhensible que peu d’africains s’y intéressent.

L’agriculture, l’élevage et la pisciculture sont des activités ancestrales africaines. Cependant, les générations africaines actuelles ne s’y mettent plus comme nos aïeux; tentés par les boulots bureaucrates; mais aussi à cause de nombreux défis à relever dans le secteur: infrastructures, problèmes de sols, maladies des plantes, accès au marché de vente ou d’approvisionnement, financement…

Il y a eu beaucoup de progrès pour améliorer les techniques et rendements agroalimentaires. Et en vertu de cela, l’Afrique a un grand potentiel pour éradiquer la famine et sortir de la pauvreté. Des millions de milliards de dollars en attendent nos productions et c’est à nous de les saisir.

Alors que les gouvernements ont le plus grand rôle à jouer, de petits investissements individuels ou de groupements sont déterminants. Je l’expliquerai dans une autre publication.

Le fait ici est que les africains devraient PLUS investir dans l’agroalimentaire MAINTENANT. Je pense en particulier à la diaspora dont le rôle pour le développement durable de l’Afrique est plus qu’attendu. Parce qu’elle dipose des ressources que les frères et soeurs au bercail n’ont pas.

Par exemple, pour la diaspora résidant aux Etats-Unis, Score met gratuitement à la disposition du public des mentors pouvant l’aider à monter des projets solides; lui contracter des formations pratiques et gratuites dans des fermes ou plantations pour le perfectionner dans le secteur agroalimentaire visé; l’instruire pour contacter les organisations comme USAID ou AGRA… Nous pouvons exploiter ces ressources pour les appliquer à notre chère Afrique. Par ailleurs, des coopératives peuvent être créées dans nos pays d’accueil pour recevoir des dons d’équipements agricoles par exemples, et j’en passe. Il y a tant de choses à bénéficier dans nos pays d’accueil pour aider nos pays d’origine.

Donc si vous êtes dans la diaspora et voulez gagner beaucoup d’argent, améliorer les conditions de votre famille et votre communauté en Afrique? L’agroalimentaire est le chemin par excellence. Il y a un une forte demande en produits agro-pastoraux locaux qui reviendraient moins, tout en étant bien plus frais que les tonnes d’importés que les populations consomment chaque jour.

Une question reste cependant inexploitée: comment investir dans l’agroalimentaire en Afrique? Ceci fera l’objet de la plupart des publications futures sur Afripriz.

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